Photos, Normandie, Lectures, Cuisine
À Murano, le long des canaux et des ruelles, derrière les portes des ateliers, maestros et apprentis domptent le verre. Le secret de leur savoir-faire, qui ne doit jamais atteindre la terraferma, n'est pas l'affaire des femmes. Pourtant, à la mort de son père, voyant l'entreprise familiale décliner, Orsola Rosso décide de sauver sa famille de la ruine en apprenant à fabriquer des perles de verre.
/image%2F2231983%2F20250825%2Fob_891ed2_ive07320.jpg)
-"...Les perles ?"
Les Rosso n'avaient jamais fabriqué de perles. Elles étaient bon marché, pas assez tape-à-l'oeil et peu rentables . c'étaient des objets que produisaient les verriers parmi d'autres objets plus prestigieux. Seule la rosetta des Barovier avait acquis une certaine valeur.
-"Des perles que tu pourrais faire toi."
- "Moi ? "
Orsola n'avait jamais manié le verre fondu. Elle faisait la lessive et aidait Maddalena pour la cuisine et le ménage ; elle jardinait et s'occupait de ses cousines. De temps en temps elle aidait à emballer des articles de verre pour leur expédition. Marie Barovier était à sa connaissance la seule femme à exercer le métier de verrier, et elle ignorait comment ce miracle avait pu se produire.
Ce roman nous plonge dans l'Histoire des maîtres verriers à Murano, avec la famille Rosso composée des parents et de quatre enfants, deux fils et deux filles. La fileuse de verre est la fille aînée Orsola qui a "le verre dans le sang". L'histoire commence en 1486 et bien sûr à cette époque la femme n'avait pas sa place dans un atelier de verrerie.
J'ai aimé ce livre, j'ai aimé découvrir la vie à Venise, Murano et à la Terraferma. J'ai aimé découvrir le milieu des maîtres verrier, la hiérarchie, les interdictions pour conserver les secrets de fabrication, la vie de famille des Rosso.
Mais ce livre a une particularité, il débute en 1486 et s'achève en 2019, rien d'extraordinaire sauf que la famille Rosso ne vieillit que de quelques années en un siècle, c'est à dire qu'Orsola à 9 ans en 1486 et 70 ans en 2019. Je comprends que c'est pour montrer l'évolution de la verrerie au cours des siècles mais il me semble que cela aurait été plus cohérent en suivant la descendance d'Orsola et sa famille.
Si au début de l'histoire cela ne m'a pas trop gêné, en 2019 c'est incohérent. Lorsqu'Orsola se souvient d'un autre confinement lié à une maladie (la peste en 1575) , à mes yeux ça n'a pas de sens. Excepté cette temporalité bizarre, je me suis attachée à chacun des personnages , il y a le monde de la verrerie, mais également celui des gondoliers, des commerçants, des pêcheurs , tout un monde qui compose la vie de Venise et ses voisines.
/image%2F2231983%2F20250825%2Fob_32c4e7_italie.jpg)
Pour lire l'avis d'Eimelle : La Fileuse de verre Tracy Chevalier - Tours et culture
Comme souvent, j'ai relevé un extrait gourmand pour le défi "des livres et des écrans en cuisine" de Fondant Grignote et Bidib.
/image%2F2231983%2F20250825%2Fob_9549a4_image-1190228-20250112-ob-6dc082-des-l.png)
Laura Rosso était en train de remuer une polenta : il ne fallait pas la laisser trop longtemps sur le feu, au risque de la faire brûler. Ils s'étaient mis à manger de la polenta plus souvent, comme beaucoup de familles Muranaises, pas seulement ces malheureux qu'on surnommait autrefois "gueules jaunes"